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 Vita d'Aristote : Dialogues VI : Le maître

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MessageSujet: Vita d'Aristote : Dialogues VI : Le maître   Mar 20 Mai 2008 - 20:16

    Aristote, après des jours d’un voyage épuisant, fit enfin son entrée dans la cité athénienne. Ce qu’il y vit le laissa pantois. La ville était
    merveilleuse, et l’architecture d’une pureté superbe. Les colonnades se
    déployaient dans une harmonie qui ravissait l’esprit. A chaque coin
    d’allée, des marchés grouillant attestaient de la formidable activité
    commerciale qui régnait en ces lieux. Les jardins étaient multitudes,
    et l’on pouvait y voir de petits groupes de philosophes, qui se
    complaisaient aux sophismes entre les plantes luxuriantes, les
    fontaines au charme ineffable, et les roches millénaires. Un temple
    magnifique, perché sur un plateau, dominait la cité.



    Aristote était fort impressionné, mais finit par trouver
    l’académie, où l’illustre Platon enseignait. La magnificence du lieu le
    consternait, et tel un halluciné il errait dans les immenses couloirs
    de marbre de la bâtisse. Ses pas le conduisirent vers une lourde porte,
    sur laquelle on pouvait lire l’indication « scolarité second cycle ».
    Aristote n’avait jamais rien vu de pareil, et se demandait ce que
    pouvait signifier cette mystérieuse formulation, mais il se décida à
    entrer, pour y demander son chemin. L’accueil fut fort désagréable. De
    vieilles femmes antipathiques lâchèrent à Aristote, du bout des lèvres,
    que « le professeur Platon devait donner un cour en troisième année, à
    droite au fond du couloir, puis à gauche, puis deux fois à droite, puis
    à gauche, puis tout droit, puis en haut de l’escalier B ». Enfin l’une
    d’entre elles fit comprendre à Aristote, d’un regard sombre, qu’il
    fallait qu’il quitte les lieux aussitôt.



    Après moult pérégrinations, et mines méprisantes des disciples
    auxquels il demandait son chemin, Aristote parvint enfin dans un grand
    amphithéâtre, où il fit une intrusion remarquée du professeur.




    Platon : "Quel est ton nom, jeune homme ?"



    Aristote : "Aristote."



    Platon : "Fort bien. Aristote, sache que je n’accepte personne dans mon cour que je n’ai d’abord testé."



    Aristote : "Je suis prêt."



    Platon : "Bien. Aristote, si je t’admets en mon enseignement, je
    t’apprendrai les rudiments de la logique, et davantage si ton
    intelligence le permet. Mais d’abord, tu dois savoir te détacher de ce
    que tu considères comme certain. Un bon philosophe ne fait confiance
    qu’à sa propre raison, et doit être capable de démonter les
    raisonnements pervers des sophistes pour avoir une connaissance
    parfaite des choses de ce monde. Ecoute bien ceci : il faut dire
    qu’aucun chat n’a huit queues, mais cependant, un chat a une queue de
    plus que nul chat. Donc, un chat doit avoir neuf queues."



    Aristote écoutait avec attention.



    Platon : "Alors, peux-tu me démontrer l'absurdité de ce sophisme ?"



    Aristote réfléchit un instant puis énonça la chose suivante...



    Aristote : "Et bien continuons le raisonnement. Un chat doit donc
    avoir neuf queues, donc un chat a neuf queues de plus que nul chat. Et
    comme aucun chat n'a huit queues, un chat doit en avoir dix-sept..."



    Platon : "Bien vu"



    Aristote : "Si on fait tourner le raisonnement en boucle, il en
    vient à se contredire. L'énoncé qui vient en conclusion ne peut donc
    qu'être faux."



    Platon : "C’est remarquable, jeune homme. Je vois qu’il n’est pas
    nécessaire de t’enseigner l’art du syllogisme, il est inné chez toi."



    Et Aristote fut heureux d’avoir satisfait son nouveau professeur.

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