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 Vita d'Aristote : Dialogues V : L'errance

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MessageSujet: Vita d'Aristote : Dialogues V : L'errance   Mar 20 Mai 2008 - 20:15

    Aristote ayant
    atteint l’age de quinze ans, il perdit père et mère, et fut confié à la
    tutelle d’un proche parent, Proxène, lequel vivait dans des contrées
    reculées, entre Stagire et Athènes. Le jeune orphelin était éduqué au
    rude travail de la terre. Cette condition ne le satisfaisait guère,
    persuadé que son esprit était plus capable que ses mains. Il faisait
    souvent la rencontre d’humbles paysans, avec lesquels Proxène
    travaillait. Il admirait certes leur goût pour la vie simple, loin des
    fastes somptueux et du luxe qui, il le pressentait, conduisaient
    certainement au vice. Mais Aristote s’étonnait cependant de leurs
    coutumes.



    Un jour, il vit l’un d’eux se livrer à la prière. Aristote se
    souvint de son dernier dialogue avec Epimanos, et voulut prendre le
    paysan en défaut.




    Aristote : "A qui adressez –vous vos prières, brave homme ?"



    Le paysan : "Et bien aux dieux, mon jeune ami."



    Aristote : "Aux dieux ? Mais qui sont-ils ?"



    Le paysan : "Ils sont Aphrodite, Apollon, Arès, Artémis, Athéna,
    Déméter, Dionysos, Hadès, Héra, Hermès, Héphaïstos, Poséidon, et le
    plus grand de tous, Zeus. Chacun siège à Olympe."



    Aristote : "A Olympe, où est-ce ?"



    Le paysan : "C’est une cité merveilleuse, perchée en haut d’un mont
    que nul n’a jamais vaincu. Vois-tu le mont Athos ? Et bien l’Olympe est
    cent ou mille fois plus élevé, un truc du genre."



    Aristote : "Mais vous même, n’avez vous jamais tenté de grimper sur
    cette montagne ? N’êtes-vous pas curieux de voir de vos yeux ces
    divinités que vous priez chaque jour ?"



    Le paysan : "Oh non, jeune homme. Je ne suis qu’un humble paysan. Ma place est ici, non sur l’Olympe."



    Aristote : "Mais alors, comment pouvez vous croire en la réalité de
    ces dieux, si vous n’avez point constaté leur existence de vous même ?"



    Le paysan : "Parce qu’on m’a enseigné qu’ils existaient, et qu’il
    fallait que je les prie pour que ma récolte soit meilleure, et que mes
    vaches deviennent grasses."



    Aristote : "Voilà bien une chose étrange, vous ne priez pas par
    amour pour le divin mais par appétit terrestre. Je pense pour ma part
    qu’il est irrationnel de rechercher le matériel dans le spirituel. Mais
    à dire vrai, il n’y a pas que ça que je trouve irrationnel dans ce que
    vous me dites."



    Le paysan : "Que me reprocheras-tu encore ?"



    Aristote : "Et bien, il y a une chose que je ne comprends pas : pourquoi donc prier plusieurs dieux ?"



    Le paysan : "Ainsi que je te l’ai dit, c’est ce qu’on m’a enseigné,
    qu’ils étaient plusieurs, et c’est ainsi depuis la nuit des temps."



    Aristote : "Voilà bien une chose compliquée inutilement. Au lieu de
    plusieurs divinités, ne serait-ce pas plus pratique de n’en louer
    qu’une seule ?"



    Le paysan : "Tu commence à me courir, jeune voyageur. Je t’en pose
    des questions, moi ? Je te demande si tu mets des braies ou des frocs ?
    Maintenant, laisse moi à mes méditations."



    Aristote : "Non, non, je n’en ferai rien. Tu dois d’abord admettre,
    brave homme, que prier un seul dieu serait plus logique. Qu’attend t-on
    d’un dieu, sinon qu’il soit tout puissant et omniscient, qu’il soit un
    ? Rendre grâce à plusieurs dieux, c’est comme fragmenter en autant de
    parties le pouvoir qu’un seul pourrait réunir en lui. Je crois qu’en
    toutes choses, l’unité est préférable à la division."



    Le paysan : "Peut être."



    Aristote : "Non, certainement. Le divin est un Tout unique et le
    divin est la perfection, donc la perfection est unité. L’unité est la
    forme idéale des choses.



    Le paysan : "Mouais, enfin moi, jeune homme, je suis bien trop
    stupide pour entendre ton charabia. Je suis loin d’être lettré. Si je
    te donne un conseil, me laisseras-tu en paix ?"



    Aristote : "Et bien oui, cela me convient."



    Le paysan : "Prends la route d’Athènes, si Proxène te le permet, et
    tu y trouveras un professeur qui saura t’écouter. On le nomme Platon."



    Aristote : "Merci, brave homme."



    Et Proxène d’envoyer Aristote, les dix-huit printemps révolus, à Athènes, trop heureux que ce piètre paysan le quitta.

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