Abbaye mère de l'Ordre Grégorien
Bienvenue en notre abbaye Grégorienne d'Argentat !



 
AccueilAccueil  GalerieGalerie  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Hagio de Nicomaque (EN TRAVAIL)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Frère David
Grand Père Angelique
Grand Père Angelique
avatar

Masculin Nombre de messages : 1272
Paroisse (Diocèse) IG : Dans le soleil...
Spiritualité Grégorienne : 4314
Date d'inscription : 20/12/2010

MessageSujet: Hagio de Nicomaque (EN TRAVAIL)   Dim 23 Fév 2014 - 21:07

Frère Uter a écrit:
Citation :

Tandis qu’Aristote, de cité en cité prêchait inlassablement le message
du Très-Haut, le petit Nicomaque poussa un peu comme une herbe folle
tant il est implacable et draconien d’endosser le rôle de fils de
prophète.

Au reste, aucun pédagogue n’eût l’audace de remplacer l’absence du
père c’est pourquoi jusqu’à l’âge de dix ans, l’enfant ne reçut aucune
autre éducation que celle des quelques hilotes qui gravitaient dans le
foyer.

Avide d’amour paternel il s’éprit alors de tous les récits
légendaires mettant en scène Aristote comme on contemple l’objet aimé
dans le reflet d’un miroir mais, loin d’étancher sa soif ces évocations
lui rendaient toujours plus lointaine l’image paternelle et devant son
tonneau des Danaïdes il méditait le sens de sa vie, tombant de Charybde
en Scylla : que venait-il faire dans cette trière ?

Puis un jour, le père revint : fragile colosse aux pieds d’argile, accablé de fatigue et presque brisé.

Nicomaque médusé était à mille stades de se représenter le prophète
si humainement affaibli, il en conçut tout d’abord du ressentiment à
l’égard du héros, son géniteur.

Désormais l’éphèbe laconique et devenu cynique renvoyait aux
calendes les milliers de questions qu’il avait conçu sous l’égide de
l’enthousiasme pré-oedipien.



Un jour, la nouvelle de la mort d’Alexandre se répandit comme un
typhon. Dès lors les gros centaures du bouleutérion ne se privèrent
plus de calomnier au grand jour Aristote qui menaçait selon eux l’ordre
établi de la cité athénienne et l’esprit des hellènes de sa dangereuse
prophétie.

Le lendemain, la maison familiale était incendiée par une bande de douteux hoplites masqués.

Contre toute attente Aristote prit Nicomaque par l’épaule lui
tendit un cratère et, dans un rire homérique dit en trinquant « ne t’en
fais pas, mon fils, mieux vaut mourir lavé d’une purge d’hyppocrate que
de vivre à jamais entouré d’hypocrites »



L’adversité aidant, une profonde complicité s’établit alors entre
le père et le fis. Aristote s’efforça de compenser les années d’absence
douloureuse en transmettant les connaissances morales qui, désormais
pour lui, seules comptaient de sorte que Nicomaque acquiert un réel
savoir-être étayé par la foi.

Allant au cœur des notions, il lui apprit à chercher le Juste au
delà du Bien, le Vrai caché par la pudeur et la bienséance, l’Amitié
sans crainte de la solitude, l’Humilité dépourvue d’orgueil puis lui
permit d’analyser jusqu’à quelle extrémité la vertu peut devenir
perversité :

« bien souvent, conservation n’est plus qu’appertisation. Le
paysan thésaurise pour un éternel avenir difficile et sa cagnotte,
planquée sous le duvet d’oie, enfouie sous la fesse gauche de sa femme
lui servira bientôt pour un deuxième champ en cas de coup dur, champ
qu’il gardera bien sûr lorsqu ’artisan, il convoitera l’appartement
cossu de la Cité sans effleurer un instant la nature factice de son
sentiment d’insécurité.

Foncièrement radieuse c’est-à-dire pétée de radis investis dans la
pierre, telle est la signature de sa réussite terrestre mais ne lui dis
surtout pas qu’il pèche par gourmandise » murmurait-il dans un sourire.

Bien sûr il évoquait souvent la prophétie et l’étincelle de l’espérance illuminait son regard.

Nicomaque absorbait tout avec ardeur et ravissement.

Il arriva un jour ou, fourbu d’une vie surhumaine, le prophète s’en
remit aux forces de son fils et ce fut ce dernier qui transcrivit les
opus de la métaphysique et, de mémoire toute l’éducation morale
qu’Aristote lui avait transmise sous le titre d’éthique à Nicomaque.



Une nuit, un nouveau raid d’intimidation sévit sur la personne du
prophète, le fils s’interposa et les agresseurs lui crevèrent les yeux.

Son père tachant de le consoler avait coutume de lui dire « en
Cyclopédie, Œdipe règne en maître » ce qui signifie à peu de choses
près, au royaume des borgnes les aveugles sont rois.

D’ailleurs son handicap n’empêchait pas le jeune homme de prendre
en charge toute la logistique des tournées de prédications et
conférences, de rédiger les tracts et d’organiser les opérations
nocturnes de graphitage de « Dieu est tout puissant » sur les murs des
cités et jusqu’au Parthénon, de créer les slogans des manifestations
comme :

« Dieu est unique, nique, nique ; à bas vos idoles et déesses, esse, esse

Hellas, ton pouvoir est inique, nique, nique ; fini de semer ! la Cérès, ès, ès »



Lorsqu’Aristote rendit son âme à Dieu, Nicomaque consacra le reste
de sa vie à l’éducation d’Antioche suivant les instruction du testament
paternel.



Humble et détaché de la vanité du monde tout ce qu’il accomplît fut
guidé par la conviction et la beauté du geste, et c’est ainsi que
l’entreprise de titan que Nicomaque mena, nul jamais n’en fit l’éloge,
il demeura toujours ignoré de l’histoire et délaissé par les lauriers.



Ainsi est Mortagne au cœur de l’Alençon : ni la distinction
brillante de sa voisine, Verneuil ni la crane et tapageuse audace
d’Argentan, sa sœur mais assise en puissance et profondeur, tel un
rocher dans la tourmente, simplement essentielle.
Revenir en haut Aller en bas
Frère David
Grand Père Angelique
Grand Père Angelique
avatar

Masculin Nombre de messages : 1272
Paroisse (Diocèse) IG : Dans le soleil...
Spiritualité Grégorienne : 4314
Date d'inscription : 20/12/2010

MessageSujet: Re: Hagio de Nicomaque (EN TRAVAIL)   Dim 23 Fév 2014 - 21:08

Frère Uter a écrit:
Hagiographie de Saint Nicomaque
Saint Patron de Mortagne et des mutilés


I - Le mythe du père
Tandis qu’Aristote, de cité en cité prêchait inlassablement le message
du Très-Haut, le petit Nicomaque poussait un peu comme une herbe folle
tant il est implacable et draconien d’endosser le rôle de fils de
prophète.

Au reste, aucun pédagogue n’eût l’audace de remplacer l’absence du
père c’est pourquoi jusqu’à l’âge de dix ans, l’enfant ne reçut aucune
autre éducation que celle des quelques hilotes qui gravitaient dans le
foyer.

Avide d’amour paternel il s’éprit alors de tous les récits
légendaires mettant en scène Aristote comme on contemple l’objet aimé
dans le reflet d’un miroir mais, loin d’étancher sa soif ces évocations
lui rendaient toujours plus lointaine l’image paternelle et devant son
tonneau des Danaïdes il méditait le sens de sa vie, tombant de Charybde
en Scylla : que venait-il faire dans cette trière ?

Puis un jour, le père revint : fragile colosse aux pieds d’argile, accablé de fatigue et presque brisé.

Nicomaque médusé était à mille stades de se représenter le prophète
si humainement affaibli, il en conçut tout d’abord du ressentiment à
l’égard du héros, son géniteur.

Désormais l’éphèbe laconique et devenu cynique renvoyait aux
calendes les milliers de questions qu’il avait conçu sous l’égide de
l’enthousiasme pré-oedipien.


II - L'apprentissage des précéptes d'Aristote
Un jour, la nouvelle de la mort d’Alexandre se répandit comme un
typhon. Dès lors les gros centaures du bouleutérion ne se privèrent
plus de calomnier au grand jour Aristote qui menaçait selon eux l’ordre
établi de la cité athénienne et l’esprit des hellènes de sa dangereuse
prophétie.

Le lendemain, la maison familiale était incendiée par une bande de douteux hoplites masqués.

Contre toute attente Aristote prit Nicomaque par l’épaule lui
tendit un cratère et, dans un rire homérique dit en trinquant « ne t’en
fais pas, mon fils, mieux vaut mourir lavé d’une purge d’hyppocrate que
de vivre à jamais entouré d’hypocrites »



L’adversité aidant, une profonde complicité s’établit alors entre
le père et le fis. Aristote s’efforça de compenser les années d’absence
douloureuse en transmettant les connaissances morales qui, désormais
pour lui, seules comptaient de sorte que Nicomaque acquiert un réel
savoir-être étayé par la foi.

Allant au cœur des notions, il lui apprit à chercher le Juste au
delà du Bien, le Vrai caché par la pudeur et la bienséance, l’Amitié
sans crainte de la solitude, l’Humilité dépourvue d’orgueil puis lui
permit d’analyser jusqu’à quelle extrémité la vertu peut devenir
perversité :

« Bien souvent, conservation n’est plus qu’appertisation. Le
paysan thésaurise pour un éternel avenir difficile et sa cagnotte,
planquée sous le duvet d’oie, enfouie sous la fesse gauche de sa femme
lui servira bientôt pour un deuxième champ en cas de coup dur, champ
qu’il gardera bien sûr lorsqu ’artisan, il convoitera l’appartement
cossu de la Cité sans effleurer un instant la nature factice de son
sentiment d’insécurité.

Foncièrement radieuse c’est-à-dire pétée de radis investis dans la
pierre, telle est la signature de sa réussite terrestre mais ne lui dis
surtout pas qu’il pèche par gourmandise » murmurait-il dans un sourire.

Bien sûr il évoquait souvent la prophétie et l’étincelle de l’espérance illuminait son regard.

Nicomaque absorbait tout avec ardeur et ravissement.

Il arriva un jour ou, fourbu d’une vie surhumaine, le prophète s’en
remit aux forces de son fils et ce fut ce dernier qui transcrivit les
opus de la métaphysique et, de mémoire toute l’éducation morale
qu’Aristote lui avait transmise sous le titre d’éthique à Nicomaque.



Une nuit, un nouveau raid d’intimidation sévit sur la personne du
prophète, le fils s’interposa et les agresseurs lui crevèrent les yeux.

Son père tachant de le consoler avait coutume de lui dire « en
Cyclopédie, Œdipe règne en maître » ce qui signifie à peu de choses
près, au royaume des borgnes les aveugles sont rois.

D’ailleurs son handicap n’empêchait pas le jeune homme de prendre
en charge toute la logistique des tournées de prédications et
conférences, de rédiger les tracts et d’organiser les opérations
nocturnes de graphitage de « Dieu est tout puissant » sur les murs des
cités et jusqu’au Parthénon, de créer les slogans des manifestations
comme :

« Dieu est unique, nique, nique ; à bas vos idoles et déesses, esse, esse

Hellas, ton pouvoir est inique, nique, nique ; fini de semer ! la Cérès, ès, ès »


III - Le partage des précéptes
Lorsqu’Aristote rendit son âme à Dieu, Nicomaque consacra le reste
de sa vie à l’éducation d’Antioche suivant les instruction du testament
paternel.

Dès lors, le fils du prophète tenta de vivre selon les précéptes enseignés par son père, qu'il transmis à Antioche. Il faisait partager à tous ceux qu'il croisait ses connaissances, acquises lors des cours de doctrine que son père lui prodiguait.

Un jour, alors qu'il venait d'expliquer à un villageois qu'il fallait s'entourer d'amis proches, il découvrit un "bordel", où de nombreuses femmes vendaient leurs corps sans pudeur, bien qu'il ne pusse pas les voir, les obscénités qu'il entendait suffirent à lui faire comprendre ce qu'il se passait.
L'horreur se peignit sur le visage du fils du prophète. Et il ne put se résoudre à ne pas intervenir, il se laissa dominer par sa foi et il déclara de sa voix débordante de ferveur :
« Honte à vous, hommes, qui vous fourvoyez dans le péché ! Le péché de chair ! Je vous conjure d'arrêter ! Pour le respect de Notre Dieu à tous !»

Les yeux creuvés de Nicomaque rajoutèrent de la profondeur à son discours, les hommes arrêtèrent leurs actes dégradants, et se rhabillèrent, gênés. Les dires du fils d'Aristote les avaient frappés en plein coeur, et tous s'approchèrent de lui, en lui demandant :
« Nous pardonnera-t'Il?»
Il leur répondit qu'il faudrait de bonnes actions pour racheter la débauche dans laquelle ils vivaient. Il les invita à les suivre dans sa route, leur enseignant ce que son père lui avait enseigné, et qu'ils enseigneraient à leur tour, là où ils s'arrêteraient.

Humble et détaché de la vanité du monde tout ce qu’il accomplît fut
guidé par la conviction et la beauté du geste, et c’est ainsi que
l’entreprise de titan que Nicomaque mena, nul jamais n’en fit l’éloge,
il demeura toujours ignoré de l’histoire et délaissé par les lauriers.


Citations célèbres :
"
La beauté de ce monde n'est rien comparée à celle de celui qui nous attend !"
"
Les souffrances endurées par un homme le rendent plus fort ! Et sa foi n'en est que renforcée !"


Ainsi est Mortagne au cœur de l’Alençon : ni la distinction
brillante de sa voisine, Verneuil ni la crane et tapageuse audace
d’Argentan, sa sœur mais assise en puissance et profondeur, tel un
rocher dans la tourmente, simplement essentielle.
Revenir en haut Aller en bas
 
Hagio de Nicomaque (EN TRAVAIL)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» HAITI-JOBS-HAITI-TRAVAIL-HAITI TRABAJO-HAITI EMPLOIE-EMBAUCHAGE
» Plan d'action: ministere des Affaires Sociales et du Travail
» Atelier de travail sur le phénomène de l'exclusion dans la société haitienne
» Le travail ... Toujours le travail ... ( Pv Hermione )
» T' as du travail? Je m'en fiche ~? Viens chanter avec moi ? [PV May ]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Abbaye mère de l'Ordre Grégorien :: Travaux sur Saint Origène de Vincent Diftain-
Sauter vers: