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 La richesse

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Frère David
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MessageSujet: La richesse   Dim 23 Fév 2014 - 21:02

Abbé de Flavigny a écrit:
Nous avons parlé dernièrement du jeune homme dont il est question aujourd’hui, et l’auditeur attentif se rappelle les observations que nous avons faites. D’abord, que ce n’était pas le même que le docteur de la Loi dont il est fait mention dans saint Luc (Lc 10, 28). Car l’un n’interrogeait Jésus-Christ que pour le tenter, et lui faisait des questions captieuses. L’autre le questionne de bonne foi, mais ne sait pas profiter des avis qu’il lui donne. En effet, s’il l’eût interrogé par mépris, il n’eût pas été si affligé de ses réponses.
L’Écriture nous le représente avec un caractère moitié bon, moitié mauvais ; louable d’un côté, malheureux et désespéré de l’autre. Reconnaître Jésus-Christ pour vraiment maître ; et, dédaignant le faste des Pharisiens, l’orgueil des docteurs de la Loi, la foule des scribes, ne donner le nom de maître qu’à celui qui est le seul vrai et bon Maître, voilà ce qui méritait d’être loué dans le jeune homme. Le désir qu’il témoigne d’apprendre par quels moyens il pourra obtenir la vie éternelle, est également digne de louanges. Mais ce qui annonce la disposition d’un cœur qui recherchait moins le véritable bien que ce qui plaît à la multitude, c’est qu’après avoir reçu du vrai Maître des conseils salutaires, au lieu de les graver dans son âme et de les mettre en pratique, il s’est retiré fort triste, aveuglé par l’amour des richesses. Voilà ce qui décèle un caractère équivoque et point d’accord avec lui-même. Quoi ! vous l’appelez maître, et vous ne remplissez pas le devoir de disciple ! vous convenez qu’il est bon, et vous négligez ce qu’il vous offre ! toutefois, un être bon ne peut donner que de bonnes choses. Vous l’interrogez sur la vie éternelle, et vous montrez que vous êtes livré tout entier aux avantages de la vie présente ! Les conseils du Maître vous paraissent-ils exagérés, trop durs et trop difficiles ? Vendez ce que vous avez et donnez-le aux pauvres (Mt 19, 21).
S’il vous condamnait aux fatigues de ceux qui labourent la terre, ou à courir les périls auxquels s’exposent les commerçants, ou à toutes les peines que se donnent ceux qui ont envie de s’enrichir, vous auriez raison d’être attristé et rebuté de la difficulté des conseils : mais si le chemin qu’il vous montre pour arriver à la vie éternelle est aisé, s’il n’est point semé de ronces et d’épines, et que cette facilité de faire votre salut, au lieu de vous inspirer de la joie, vous attriste et vous afflige, vous perdez tout le mérite de vos bonnes œuvres. En effet, si, comme vous dites, vous n’avez tué personne, si vous n’avez ni commis d’adultère, ni dérobé le bien d’autrui, ni porté de faux témoignage, vous rendez inutile le soin que vous avez pris de pratiquer la Loi, faute d’ajouter ce qui reste et ce qui seul peut vous ouvrir l’entrée du royaume de Dieu.
Si un médecin s’engageait à redresser quelqu’un de vos membres qui serait estropié par nature ou par accident, vous seriez satisfait sans doute : et lorsque le grand Médecin des âmes veut vous rendre parfait en ajoutant ce qui vous manque d’essentiel, vous êtes triste et mécontent.
Il est clair que vous êtes bien éloigné du précepte de l’amour du prochain, et que vous vous êtes rendu faussement le témoignage de l’aimer comme vous-même. La proposition que vous fait le Sauveur, est une preuve convaincante que vous manquez de la vraie charité. Car s’il était vrai, comme vous l’avez assuré, que vous avez rempli dès votre jeunesse le précepte de l’amour du prochain, et que vous avez donné à chacun autant qu’à vous-même, comment auriez-vous une pareille abondance de richesses ? Le soin des pauvres entraîne de grandes dépenses, pour que chacun ait ce qui est nécessaire, pour que tous les hommes partagent également les biens de la terre et puissent fournir à leurs besoins. Celui donc qui aime son prochain comme lui-même, ne doit rien avoir plus que son prochain : or, il est constant que vous avez des possessions très étendues. D’où vient cette inégalité, si ce n’est de ce que vous préférez vos propres jouissances au soulagement des autres. Ainsi, plus vous abondez en richesses, plus vous manquez de charité. Si vous aviez aimé votre prochain, il y a longtemps que vous auriez songé à lui faire part de vos biens. Mais vous êtes attaché à ces biens comme à une partie de vous-même, et leur privation vous causerait autant de douleur que la perte d’un membre essentiel. Si vous vous étiez fait un devoir de vêtir celui qui est nu, de donner du pain à celui qui a faim, d’ouvrir votre maison aux étrangers ; si vous étiez le père des orphelins, si vous aviez compassion de tous les misérables, auriez-vous tant de peine à vous défaire de vos richesses ? Si vous vous étiez occupé il y a longtemps à distribuer aux pauvres ce que vous avez, il ne vous en coûterait pas d’abandonner ce qui vous reste.
Les commerçants ne font nulle difficulté de donner leurs effets pour en avoir d’autres ; et moins ils donnent pour recevoir en échange des choses d’un grand prix, plus ils se réjouissent comme ayant fait une bonne affaire : et vous, vous vous affligez lorsque vous donnez de l’or, de l’argent, des possessions terrestres, c’est-à-dire, des pierres et de la boue, pour acheter un bonheur éternel.

À quoi vous serviront vos richesses ? vous en porterez des vêtements plus magnifiques ? mais une robe de deux coudées peut suffire et vous servir autant que les habits les plus somptueux. Vous chargerez votre table de mets plus succulents ? mais du pain suffit pour vous rassasier. De quoi donc vous affligez-vous ? qu’est-ce qu’on vous enlève ? la gloire que procurent les richesses ? mais si vous méprisez la gloire d’ici-bas, vous en trouverez une véritable et éclatante qui vous accompagnera dans le royaume des cieux.
Mais, dira-t-on, il est agréable de posséder des richesses, quand même on n’en tirerait aucun avantage. Outre que tout le monde conviendra qu’il y a de la folie à aimer un argent inutile, ce que je vais dire surprendra peut-être, quoiqu’il soit très véritable et conforme aux maximes du Fils de Dieu. On conserve ses richesses en les répandant, on les perd en les retenant. Si vous les gardez, elles vous échapperont ; si vous les répandez, elles vous resteront. Il a répandu ses biens avec libéralité sur le pauvre, dit David ; « sa justice demeure dans tous les siècles » (Ps 3, 9).
Ce n’est, dit-on, ni pour se nourrir plus délicatement, ni pour se vêtir plus superbement, que la plupart souhaitent d’être riches ; et cependant le démon leur suggère mille moyens de faire des dépenses : il emploie mille artifices pour leur persuader que les choses inutiles et superflues sont absolument nécessaires, et que leur fortune n’est jamais suffisante. Ils destinent leurs biens aux besoins présents et à venir : ils en réservent une partie pour eux et une partie pour leurs enfants. Ensuite ils les partagent en mille dépenses diverses. Écoutez quelles sont leurs destinations différentes. « Il faut, disent-ils, qu’une partie de nos richesses soit pour notre usage, et que l’autre soit mise en réserve. On ne se tient point dans les bornes de la pure nécessité. Cette partie est pour la magnificence du dedans, cette autre est pour le faste du dehors. L’une est pour l’appareil des voyages, l’autre pour l’éclat et la splendeur de la maison ». Rien de plus surprenant que de voir toutes les inventions du luxe. C’est une multitude de chars enrichis d’argent et d’airain pour traîner les hommes ou les bagages. C’est un nombre infini de chevaux, dont on apprécie les races comme celles des hommes. Les uns sont destinés à traîner pompeusement par la ville les personnes délicates, les autres sont gardés pour la chasse, les autres pour les voyages : leurs mors et leurs brides sont d’or et d’argent, leurs housses sont de la plus belle pourpre ; on les pare plus magnifiquement que de jeunes époux. C’est une foule de mulets distingués par la couleur, qui ont devant et derrière eux des hommes pour les conduire. Quels essaims de valets de toutes les espèces étalent partout la grandeur du maître, servent à ses besoins ou à ses plaisirs ! intendants, officiers de bouche, échansons, chasseurs, peintres, et mille autres. On voit des troupes de chameaux, dont les uns voyagent, les autres restent dans les champs. On voit des haras de chevaux, des troupeaux de tous genres, des hommes qui les conduisent et qui les gouvernent. Les terres sont suffisantes pour les nourrir et pour augmenter les revenus. Nos riches fastueux ont des bains à la ville, des bains à la campagne. Le marbre brille dans toutes leurs maisons : on l’apporte de Phrygie, de Lacédémone, de Thessalie. Telle est l’exposition de leurs divers domiciles, que les uns sont chauds en hiver, les autres frais en été. Les planchers inférieurs sont parquetés diversement : des lambris dorés décorent les planchers supérieurs. Toutes les surfaces qui ne sont pas ornées de reliefs offrent les plus belles peintures.
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MessageSujet: Re: La richesse   Dim 23 Fév 2014 - 21:02

Abbé de Flavigny a écrit:
Lorsqu’ils ont consumé leurs revenus par tant de dépenses inutiles, ils enfouissent le reste et le mettent en lieu sûr. « L’avenir est incertain, disent-ils, il faut se précautionner contre les nécessités imprévues. » Il est incertain si vous aurez besoin de l’argent que vous enfouissez, mais il est certain que vous serez puni de votre cruauté envers les pauvres. Quoi ! parce que vous n’avez pu, malgré tant de moyens, épuiser votre or, vous allez cacher ce qui vous reste dans la terre ? Quelle folie ! vous creusez ses entrailles pour en tirer l’or ; et vous allez l’y remettre après l’en avoir arraché. De là il arrive que vous enterrez votre cœur avec votre argent. « Où est votre trésor, dit Jésus-Christ, là est votre cœur » (Mt 6, 21).
Voilà pourquoi les commandements de Dieu paraissent si durs aux riches. La vie leur semblerait odieuse s’ils n’étaient pas occupés de dépenses superflues. Le jeune homme de notre évangile et ceux qui lui ressemblent sont précisément dans le cas d’un homme qui voyagerait par curiosité pour voir une ville, et qui, après avoir fait courageusement le chemin, arrivé au pied des murs, s’arrêterait dans une hôtellerie, aurait la paresse de ne pas aller plus loin, perdrait par-là tout le fruit de ses peines, et se priverait du plaisir de connaître les raretés de la ville. C’est là le tableau fidèle de ceux qui observent tous les commandements, et qui refusent de se dépouiller en faveur des misérables. J’en ai vu plusieurs qui jeûnaient, qui priaient, qui gémissaient, qui pratiquaient toutes les œuvres de piété où l’on ne débourse rien, et qui n’auraient pas donné une obole aux pauvres. À quoi leur servent toutes leurs vertus qui ne peuvent leur ouvrir le royaume des cieux ? « Un chameau, dit Jésus-Christ, entrera plus facilement par le trou d’une aiguille, qu’un riche par la porte du ciel » (Lc 18, 25). La sentence est claire, celui qui l’a prononcée est incapable de mentir ; mais qu’il est peu de gens à qui elle fasse impression !
« Comment vivrai-je, dira le riche, si j’abandonne tout ce que j’ai ? et que deviendra la figure de ce monde, si tous les hommes vendent leurs biens et les abandonnent ? » Ne me demandez pas l’explication des commandements du Seigneur. Celui qui a porté la Loi saura l’adapter à ce qui paraît impossible.
Votre cœur est comme en balance ; il ne sait s’il doit s’attacher aux vains amusements de la vie présente, ou aux avantages solides de la vie future. Les hommes raisonnables doivent croire qu’ils possèdent des biens pour les dispenser avec sagesse, et non pour en jouir dans le sein des délices ; et lorsqu’ils s’en dépouillent en faveur des pauvres, ils doivent se réjouir comme s’ils abandonnaient un bien d’autrui, et non s’attrister comme s’ils perdaient un bien propre. Pourquoi vous affliger et vous laisser abattre parce qu’on vous dit : « Vendez ce que vous avez » ? Quand même vos richesses vous suivraient dans l’autre monde, vous ne devriez pas vous attacher à des biens qui seront effacés par d’autres infiniment plus précieux. Mais si elles doivent nécessairement rester ici-bas, pourquoi ne les vendrions-nous point, pour en tirer un gain immense ? Lorsque vous donnez de l’or pour avoir un cheval, vous n’en ressentez aucune peine : et lorsque vous abandonnez des biens corruptibles pour acquérir le royaume des cieux vous pleurez, vous rebutez le pauvre qui vous demande, vous refusez de donner, vous qui imaginez mille sujets de vaines dépenses !

Que répondrez-vous à votre Juge ? Quoi ! vous revêtez des murs, et vous n’habillez pas un homme ? vous décorez des chevaux, et vous ne vous embarrassez pas que votre frère soit couvert de baillons ? vous laissez pourrir votre blé, et vous ne nourrissez pas des malheureux qui périssent de faim ? vous enfouissez votre or, et vous dédaignez un misérable qui est pressé par l’indigence ?

Si vous avez une femme vaine et fastueuse, ce sera bien pis encore. Elle enflammera votre goût pour les plaisirs et pour les délices ; elle excitera vos désirs insensés ; elle ne s’occupera que de perles, de diamants, de pierres précieuses, de l’or qui brillera sur ses habits et dans ses bijoux : en un mot, elle augmentera votre maladie par l’amour de mille superfluités. Elle ne se contentera pas d’y songer en passant ; les jours et les nuits seront sacrifiés à ces soins frivoles. Mille flatteurs qui s’étudient à entretenir ses passions lui amènent des marchands et des artisans de toutes les espèces. Elle ne laisse pas respirer un moment son époux par les continuels sacrifices qu’elle exige de lui. Les plus grandes richesses, des fleuves d’or ne pourraient satisfaire les désirs d’une femme qui fait acheter les parfums des contrées les plus lointaines, comme si c’était l’huile qu’on vend au marché. Les pourpres les plus brillantes que les mers puissent fournir, sont aussi communes chez elle que si c’étaient de simples étoffes tissues de la laine de brebis. Elle fait enchâsser dans l’or les pierres précieuses qu’elle recueille de toutes parts. Les unes ornent son front, les autres entourent son cou, d’autres enrichissent sa ceinture, d’autres lui lient les pieds et les mains : les femmes somptueuses se plaisent à être enchaînées, pourvu que leurs chaînes soient d’or.
Un mari esclave de tous les caprices de sa femme, pourra-t-il avoir soin de son salut ? Comme les ondes, pendant la tempête, engloutissent aisément des vaisseaux mal radoubés : ainsi les inclinations vicieuses des femmes viennent aisément à bout d’entraîner les âmes folles de leurs maris. Or des richesses dissipées de la sorte par un mari et une femme qui cherchent mutuellement à se surpasser par l’invention de folles dépenses, ne doivent trouver aucune voie pour soulager les misères d’autrui. On vous attriste quand on vous dit : « Vendez ce que vous avez, et donnez-le aux pauvres », afin de pouvoir acquérir la vie éternelle ; et quand on vous dit : Donnez de l’argent pour fournir au faste de votre épouse, pour payer des ouvriers et des artistes de toutes les professions, vous vous réjouissez comme si pour votre or on devait vous donner en échange des effets plus précieux. Ne voyez-vous pas que les murailles de Césarée, minées par le temps, sont tombées en ruine ? on n’en voit plus que des restes, comme des écueils qui dominent sur toute la ville. Que de pauvres l’empressement d’élever ces murailles n’a-t-il pas fait négliger par les riches d’alors ? que sont devenus tous ces superbes ouvrages ? où est celui qui les a ordonnés et dont on admirait la puissance ? Les ouvrages ont disparu comme ces châteaux que les enfants élèvent sur le sable : leur auteur est enseveli dans les enfers, où il expie l’orgueil qui lui a fait construire de vains édifices. Ayez une grande âme ; et des murs grands ou petits seront pour vous la même chose.

Lorsque passant devant la maison d’un homme opulent et fastueux à l’excès, je vois les ornements divers qu’elle étale de tous cotés, je suis persuadé que le maître n’a rien de mieux que ce qui frappe mes regards, et qu’il décore des objets inanimés tandis qu’il néglige la parure de son âme. Quel plus grand service, dites-moi, tirez-vous de sièges d’ivoire, de lits et de tables d’argent, pour que vos richesses employées à ces frivolités ne puissent passer dans les mains des pauvres ? Votre porte est assiégée de misérables qui réclament votre pitié du ton le plus pathétique. Vous les rebutez, vous dites que votre bien ne pourrait suffire à ceux qui vous demandent : votre bouche le proteste en jurant, mais votre main dans son silence vous confond. Oui, la bague précieuse qui brille sur votre doigt publie votre parjure. Combien pourrait-on payer de dettes du prix de votre diamant ? combien pourrait-on rétablir de familles ruinées ? votre seule garde-robe suffirait à vêtir tout un peuple qui meurt de froid. Cependant vous avez la barbarie de renvoyer le pauvre sans lui faire la plus modique aumône. Vous ne craignez pas le courroux de votre Juge, ni le châtiment dont il doit punir votre dureté. Vous n’avez pas eu compassion des autres ; on n’aura point compassion de vous. Vous avez fermé votre porte ; la porte du ciel ne vous sera pas ouverte. Vous avez refusé du pain ; vous n’obtiendrez pas la vie éternelle.

Vous dites que vous êtes pauvre ; j’en conviens avec vous. Celui-là est pauvre qui a beaucoup de besoins : or vous avez beaucoup de besoins, parce que vos désirs sont insatiables. Vous voulez ajouter dix talents à dix autres que vous avez déjà : quand vous en aurez vingt, vous voudrez en avoir encore un pareil nombre ; et votre bien qui grossit ne fait qu’allumer votre convoitise loin de l’éteindre. Plus un homme ivre boit, plus il veut boire : ainsi plus un homme nouvellement enrichi amasse de biens, plus il désire d’en amasser, et sa maladie augmente avec ses trésors. L’amour des richesses produit dans le cœur des riches des effets contraires à leurs désirs. Ils ne sont pas aussi réjouis de ce qu’ils possèdent, qu’affligés de ce qui leur manque, ou plutôt de ce qu’ils croient leur manquer. Leur esprit est déchiré par mille inquiétudes, parce qu’ils sont jaloux de surpasser toujours ce qui est au-dessus d’eux. Ils devraient se réjouir et remercier le Seigneur de ce qu’ils sont plus à l’aise que tant d’autres : ils s’affligent et se désespèrent d’être moins riches que deux ou trois personnes. Quand ils sont parvenus à atteindre un homme qui était plus riche, ils font aussitôt de nouveaux efforts pour égaler la fortune d’un autre qui les surpasse. Quand ils ont égalé celui-ci, leur émulation se porte vers un troisième. Et comme ceux qui montent les degrés d’une échelle vont toujours d’échelons en échelons jusqu’à ce qu’ils soient parvenus au dernier : ainsi les hommes cupides ne s’arrêtent dans leur folle passion que lorsque, montés au plus haut degré de la fortune, ils s’exposent eux-mêmes à une chute plus fâcheuse. Le Créateur de l’univers a rendu l’oiseau de Séleucie insatiable pour l’utilité des hommes : et vous, vous vous rendez vous même insatiable pour le malheur des autres. L’homme avide dévore des yeux tout ce qu’il voit : il ne se lasse point de prendre, comme « l’œil ne se lasse point de regarder » (Qo 1, Cool; semblable à la mort, il ne dit jamais : « C’est assez ! » (Pr 27, 20 ; 30, 16). Malheureux, quand vous servirez-vous de ce que vous avez acquis ? quand jouirez-vous enfin sans vous tourmenter continuellement pour faire de nouvelles acquisitions ?
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MessageSujet: Re: La richesse   Dim 23 Fév 2014 - 21:03

Abbé de Flavigny a écrit:
« Malheur, dit le Prophète, malheur à ceux qui, pour faire tort à leur prochain, joignent maison à maison et champ à champ » (Is 5, Cool. Que faites-vous autre chose, vous qui inventez mille prétextes pour envahir ce qui appartient à votre prochain ? « La maison de ce voisin, dites-vous, offusque la mienne ; c’est une maison de bruit et de tumulte ; c’est un refuge de vagabonds ». Quel prétexte n’alléguez-vous pas pour inquiéter un voisin qui vous gêne ? vous ne lui donnez aucun repos, vous le persécutez sans relâche, vous ne cessez pas de le tourmenter et de le vexer jusqu’à ce que vous l’avez contraint de chercher une autre retraite. Qu’est-ce qui a fait périr Naboth (1 R 21) ? N’est-ce point l’avidité d’Achab qui voulait, s’emparer de la vigne de cet infortuné Israélite ? L’homme cupide est un mauvais voisin à la ville comme à la campagne. La mer respecte les bornes qui lui ont été assignées ; la nuit observe toujours les mêmes règles : l’homme cupide ne connaît ni temps, ni mesure ; incapable de suivre des degrés, il ressemble au feu qui saisit et dévore tout. Les fleuves qui n’ont que de petits commencements, croissent peu à peu, se débordent enfin avec impétuosité, et entraînent tout ce qui s’oppose à leur passage. C’est ainsi que ceux qui ont établi leur puissance sur les ruines de plusieurs qu’ils ont opprimés, s’enhardissent à des injustices nouvelles, et se servent des premières victimes de leur cupidité comme d’un instrument pour en accabler d’autres. C’est des excès même de leurs crimes qu’ils tirent les moyens d’augmenter leur puissance. Les premiers qu’ils ont rendus malheureux, ils les contraignent de les seconder dans leurs injustes projets, de leur prêter du secours pour faire à d’autres tout le mal qu’ils pourront. Est-il un voisin, est-il un ami, est-il un associé qui soit à l’abri de leurs fureurs ? Rien ne résiste à la violence des richesses ; tout cède à leur tyrannie, tout redoute cette puissance énorme. Quand on a souffert : d’un riche, on est moins occupé à s’en venger qu’à prendre des mesures pour n’en pas souffrir de nouveau. Un riche inique accouple ses bœufs ; il laboure, sème, recueille ce qui ne lui appartient pas. Si vous lui résistez, il vous charge de coups : si vous vous plaignez, vous serez accusé de l’avoir insulté, vous serez traîné devant les tribunaux, jeté en prison. On trouvera des faux témoins qui mettront votre vie en péril. Vous serez trop heureux de donner encore de l’argent pour vous délivrer de cette persécution.

Suspendez un peu, ô riche, le cours de vos iniquités, prenez quelque temps pour réfléchir, considérez à quoi aboutira enfin tout cet empressement de grossir votre fortune. Vous avez tant d’arpents de terre propres au labour, tant d’autres plantés d’arbres : vous avez des collines, des plaines, des prés, des fontaines, des fleuves. Quel sera le terme de tout cela ? Trois coudées de terre seulement vous attendent ; un tombeau de quelques pierres suffira pour garder votre misérable cadavre. Pourquoi donc prenez-vous tant de peines ? pour qui commettez-vous tant d’injustices ? pourquoi recueillez-vous des fruits inutiles ? que dis-je ? inutiles ; ils seront l’aliment d’un feu éternel. Ne reviendrez-vous jamais de cette ivresse ? ne reprendrez-vous pas de meilleurs sentiments ? ne rentrerez-vous pas en vous-même ? ne vous représenterez-vous pas le tribunal du Fils de Dieu ? Que pourrez-vous répondre lorsque vous serez environné des anciennes victimes de vos injustices qui solliciteront la vengeance du Juge suprême ? Que ferez-vous alors, quels défenseurs payerez-vous ? Quels témoins subornerez-vous ? comment corromprez-vous un Juge qu’on ne peut séduire ? Il n’y aura pas là d’orateur habile, de discours artificieux propres à faire illusion au Juge et à lui dérober la vérité. Vos flatteurs, votre argent, vos dignités, ne vous suivront point. Sans amis, sans secours, sans défenseur, sans défense, confus, honteux, triste, abattu, timide, vous serez laissé seul avec vos crimes. De quelque côté que vous portiez les yeux, vous verrez les témoignages évidents de ces crimes, les larmes de l’orphelin, les gémissements de la veuve, les pauvres que vous aurez outragés, les serviteurs que vous aurez maltraités, les voisins que vous aurez irrités. Tout s’élèvera contre vous. Vos mauvaises actions, triste compagnie, vous entoureront.
L’ombre suit le corps ; les péchés suivent les âmes et se montrent sans cesse à elles. Aussi ne pourra-t-on nier alors ce qu’on aura fait ; les plus impudents ne pourront ouvrir la bouche. Les actions de chacun déposeront contre lui, non en élevant la voix, mais en se montrant telles qu’elles ont été faites. Comment puis-je vous décrire toutes les circonstances d’un jugement terrible ? Si vous écoutez mes paroles, si elles vous touchent, pensez à ce jour où « éclatera du haut des cieux la colère du Seigneur » (Ro 1, 18). Songez au glorieux avènement de Jésus-Christ, où « les bons ressusciteront pour la vie éternelle, et les méchants pour entendre l’arrêt de leur condamnation » (Jn 1, 29). Alors les pécheurs seront couverts d’une confusion éternelle ; alors « une flamme ardente dévorera les ennemis de Dieu » (He 10, 27).
Comment vous ferai-je impression ? que vous dirai-je ? Si vous ne désirez pas le royaume céleste, si vous ne redoutez pas l’enfer, où trouver un remède pour guérir votre âme ? Si les punitions les plus humbles ne vous effraient pas, si les récompenses les plus magnifiques ne vous invitent pas, nous parlons à un cœur de pierre.
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MessageSujet: Re: La richesse   Dim 23 Fév 2014 - 21:03

Abbé de Flavigny a écrit:
Considérez, ô homme, quelle est la nature des richesses. Pourquoi l’éclat de l’or vous éblouit-il de la sorte ? L’or, l’argent, le jaspe, l’agate, l’hyacinthe, l’améthyste, en un mot, les pierres les plus précieuses ne sont réellement que des pierres. Voilà ce que les richesses ont de plus brillant. Vous renfermez une partie de ces pierres, et vous condamnez leur éclat aux ténèbres. Vous en portez quelques-unes aux doigts, vous vous glorifiez de leur splendeur et de leur prix. A quoi vous sert, je vous le demande, de montrer votre main, parce qu’un beau diamant y brille ? Ne rougissez-vous pas d’avoir tant d’empressement pour une pierre, et de faire paraître la même faiblesse qu’une femme enceinte, qui par un goût bizarre ronge quelquefois des cailloux ? n’avez-vous pas honte de ramasser avec tarit de soin des pierres et des diamants de toutes les espèces ? Quel homme fier de sa parure a pu prolonger sa vie d’au jour ? quel est celui dont la mort ait respecté les richesses ? quel est celui que les maladies aient épargné à cause de son argent ? Jusques à quand l’or sera-t-il le piège des âmes, l’hameçon de la mort, l’appât du péché ? Jusques à quand les richesses seront-elles une source de guerres ? jusques à quand forgera-t-on pour elles des armes, aiguisera-t-on des glaives ? C’est pour les richesses que lus parents foulent aux pieds la nature, que les frères se regardent d’un œil qui respire le meurtre ; c’est pour les richesses que les déserts sont remplis d’assassins, les mers couvertes de pirates, les villes pleines de calomniateurs. Quel est le père du parjure et du mensonge ? quel est l’artisan des plus fausses accusations ? n’est-ce pas l’or et le désir d’avoir de l’or ? Que les hommes sont malheureux de faire de leurs biens l’instrument de leurs maux ? L’argent vous a été donné pour subvenir aux besoins de votre vie, et non pour vous porter au crime ; pour être la rançon de votre âme, et non l’occasion de votre perte.
« Il faut, dites-vous, que je conserve mes biens pour mes enfants ». Tel est le prétexte spécieux de la cupidité. Vous objectez des enfants, et vous satisfaites votre cœur. Ne vous en prenez pas a celui qui n’est pas cause de votre passion. Il a un autre père, un autre maître que vous. C’est de Dieu qu’il a reçu la vie, c’est de Dieu qu’il en attend le soutien. Est-ce que cette maxime de l’Évangile ne regarde point les gens mariés : « Si vous voulez être parfait, vendez ce que vous avez, et donnez-le aux pauvres ». Lorsque vous demandiez à Dieu de bénir votre mariage et de vous donner des enfants, avez-vous ajouté à votre prière ces mots : « Donnez-moi des enfants, afin que je désobéisse à vos préceptes ; donnez-moi des enfants afin que je n’arrive pas au royaume des cieux » ? Avez-vous une caution de la vertu de vos enfants ? avez-vous quelqu’un qui vous assure qu’ils feront un bon usage des biens que vous leur laisserez ? Les richesses sont pour bien des jeunes gens un moyen de débauches et d’infâmes désordres. N’entendez-vous pas l’Ecclésiaste qui dit : « J’ai vu une folie prodigieuse, des richesses amassées pour un enfant dont elles ont fait le malheur » (Qo 5, 12) ; et ailleurs encore : « Je laisse à un homme après moi des biens amassés avec de grandes peines ; qui peut savoir s’il sera sage ou insensé » (Qo 2, 18) ?
Prenez donc garde que ces richesses amassées par vous avec de si grandes peines ne deviennent un jour la matière des crimes de vos enfants, et que vous ne soyez puni pour vos péchés personnels, et pour ceux que vous aurez fait commettre à un autre. Votre âme vous est plus proche que vos enfants, vous tenez à elle par un lien plus étroit : elle a le droit d’aînesse ; il faut quelle soit la première partagée. Procurez-lui d’abord une vie abondante, une vie éternelle ; après cela vous distribuerez à vos enfants leur subsistance. Des enfants qui n’ont rien reçu de leur père se sont fait souvent une fortune par leur propre industrie ; mais si vous abandonnez le soin de votre âme, qui en aura compassion ?

Ce discours s’adresse à ceux qui ont des enfants ; ceux qui n’en ont pas, comment pourront-ils justifier leur avarice ? « Je ne vends pas ce que j’ai, dit un avare, et je ne le donne pas aux pauvres, parce qu’on a mille besoins dans la vie ». Ce n’est donc pas du Seigneur que vous recevez des leçons, ce n’est pas l’Évangile qui doit régler votre conduite ? mais vous êtes à vous-même votre législateur et votre maître. Voyez à quel péril vous vous exposez en raisonnant de la sorte. Si vous rejetez comme impossibles les commandements que Dieu vous donne comme nécessaires, vous présumez d’être plus sage que le Législateur suprême. « Mais, dites-vous, je jouirai de mes biens pendant ma vie, et, après ma mort, je ferai les pauvres mes héritiers par mon testament ». C’est-à-dire, que vous deviendrez charitable envers les hommes quand vous ne serez plus parmi les hommes : c’est lorsque je vous verrai parmi les morts que je vous dirai ami de vos frères. On vous saura beaucoup de gré d’être devenu libéral et magnifique quand vous serez couché dans le tombeau et réduit en poussière. Pour quel temps, dites-moi, demanderez-vous à être récompensé ? est-ce pour celui de votre vie, ou pour celui qui a suivi votre mort ? Pendant que vous viviez, livré aux plaisirs et plongé dans les délices, vous ne daigniez point jeter un regard sur le pauvre. Après le trépas, quelles actions peut-on faire ? de quelles actions peut-on demander le prix ? Faites paraître de bonnes œuvres, et demandez-en la récompense. On ne négocie plus après que le marché est fermé ; on ne couronne point celui qui n’entre dans la lice qu’après les combats ; on n’attend point la fin de la guerre pour signaler son courage : ainsi, après la vie, on ne fait plus d’actions méritoires.
Vous promettez d’être bienfaisant par écrit et sur une tablette ! Qui donc vous annoncera le moment de votre départ ? qui vous répondra du genre de votre mort ? combien ont été enlevés subitement ; par un accident imprévu, sans pouvoir prononcer une parole avant de mourir ? à combien la fièvre n’a-t-elle pas causé un délire total ? pourquoi donc attendez-vous le temps où vous ne serez plus à vous-même, où vous serez plongé dans une nuit profonde, accablé par le mal, où personne ne viendra à votre secours, où vous aurez à vos côtés un héritier avide qui ne songera qu`à pourvoir à ses intérêts et à rendre inutiles vos bonnes résolutions ? Regardant autour de vous et vous voyant abandonné, vous reconnaîtrez alors votre imprudence, vous déplorerez votre folie, d’avoir attendu à accomplir le précepte du Seigneur que l’usage de la voix vous fût presque ôté ; que votre main tremblante ne pût former aucun caractère ; que vous ne pussiez manifester vos intentions, ni par la parole, ni par l’écriture. Mais je suppose que vous avez fait un testament bien clair, où tous les articles soient bien nettement énoncés : une seule lettre transposée suffira pour détruire tous vos projets ; il ne faudra qu’un seul nom falsifié, que deux ou trois témoins subornés, pour faire passer votre héritage à d’autres.

Pourquoi vous abuser vous-même, en vous servant de vos richesses pour vivre dans le luxe, et en promettant pour l’avenir de donner ce dont vous ne serez plus le maître ? Votre conduite, comme nous l’avons démontré, est aussi absurde que criminelle. « Je jouirai pendant ma vie des plaisirs, j’accomplirai les commandements après ma mort ». Abraham vous dira : « Vous avez reçu vos biens pendant votre vie » (Lc 16, 25). Le chemin qui mène à la vie éternelle est étroit ; vous n’y pouvez passer si vous n’avez déposé le fardeau de vos richesses. Vous êtes sorti du monde avec ce fardeau ; vous avez négligé de vous en défaire comme vous l’ordonnait le Seigneur. Lorsque vous viviez, vous vous êtes préféré vous-même à ses préceptes : ce n’est qu’après votre mort et votre dissolution que vous les avez préférés à vos ennemis. « Que le Seigneur, dites-vous, reçoive mes biens, afin qu’un tel ne les ait pas ». N’est-ce point là vous venger de vos ennemis plutôt que témoigner de la bienveillance à vos frères ? Lisez votre testament. « Je voudrais vivre encore, dites-vous à-peu-près, et jouir de mes biens ». C’est à la mort qu’on a obligation de ce que vous donnez, et non pas à vous. Si vous eussiez été immortel, vous n’auriez guère songé aux préceptes du Seigneur. « Ne vous trompez pas, on ne se moque point de Dieu » (Ga 6. 7). On ne conduit pas à l’autel un être mort : offrez une victime vivante. Celui qui n’offre que les choses dont il n’a plus besoin, ne saurait être agréé. Eh quoi ! vous n’offrez au Bienfaiteur suprême que ce que la mort va vous arracher malgré vous. Vous n’oseriez pas recevoir des hôtes illustres avec les restes de votre table ; et vous prétendez apaiser Dieu avec les restes de votre fortune !

Voyez, ô riches, le terme de l’attachement aux biens de ce monde, et cessez enfin de sous passionner pour eux. Plus vous aimez vos richesses, plus vous devez être jaloux de ne rien laisser de ce qui vous appartient. Prenez tout pour vous ; emportez tout : ne laissez pas votre fortune à d’autres. Peut-être que vos serviteurs vous refuseront jusqu’à la dernière parure, et que, pour plaire désormais à vos héritiers, ils ne se mettront guère en peine de vous faire d’honorables funérailles. Peut-être même qu’ils se permettront contre vous ces raisonnements philosophiques : « C’est une folie, diront-ils, de parer un mort, d’inhumer avec tant de faste un cadavre insensible. N’est-il pas plus à propos de laisser aux vivants cet habit précieux et magnifique que de l’enterrer et de le laisser pourrir avec un mort ? à quoi bon cette riche sépulture, ce monument si superbe, et tous ces frais inutiles ? ceux qui survivent feront un meilleur usage de cet argent ». Voilà ce qu’ils diront pour satisfaire à vos dépens d’avides héritiers.

Prenez les devants, et construisez-vous vous-même un tombeau. La piété est une belle sépulture. Sortez de ce monde revêtu de tous vos biens. Faites-vous une parure de vos richesses ; ayez-les avec vous. Suivez les avis d’un excellent conseiller, de Jésus-Christ qui vous aime, qui s’est rendu pauvre à cause de nous, afin que nous nous enrichissions par sa pauvreté (2 Co 8, 9), qui s’est livré lui-même pour être le prix de notre rédemption (1 Tim 2, 6). Obéissons-lui comme à un être souverainement sage, qui voit mieux que nous ce qui nous est utile ; écoutons-le comme un être bon qui nous aime ; témoignons-lui notre reconnaissance comme à notre bienfaiteur. Observons fidèlement les préceptes qu’il nous donne, afin que nous soyons héritiers de la vie éternelle en Jésus-Christ lui-même, à qui soient la gloire et l’empire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
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