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 Richesse 1

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Frère David
Grand Père Angelique
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MessageSujet: Richesse 1   Dim 23 Fév 2014 - 21:00

Abbé de Flavigny a écrit:
Sermon d'Origène aux Aristotéliciens Riches

Il est clair que vous êtes bien éloigné du précepte de l'amitié aristotélicienne !

Vous assurez avoir rempli depuis votre jeunesse le précepte de l’amitié aristotélicienne, et avoir donné à chacun autant qu’à vous-même.
Mais alors, comment auriez-vous une pareille abondance de richesses ?
Le soin des pauvres entraîne de grandes dépenses, pour que chacun ait ce qui est nécessaire, pour que tous les hommes partagent également les biens de la terre et puissent fournir à leurs besoins.
En fait, vous préférez vos propres jouissances au soulagement des autres. Ainsi, plus vous abondez en richesses, plus vous manquez de charité !
Si vous aviez vraiment voulu faire preuve d'amitié aristotélicienne, il y a longtemps que vous auriez songé à donner une partie de vos biens à ceux qui souffrent de ne rien posséder. Mais vous êtes attaché à ces biens comme à une partie de vous-même, et leur privation vous causerait autant de douleur que la perte d’un membre essentiel.
Si vous vous étiez fait un devoir de vêtir celui qui est nu, de donner du pain à celui qui a faim, d’ouvrir votre maison aux étrangers ; si vous étiez le père des orphelins, si vous aviez compassion de tous les misérables, auriez-vous tant de peine à vous défaire de vos richesses ? Si vous vous étiez occupé il y a longtemps à distribuer aux pauvres ce que vous avez, il ne vous en coûterait pas d’abandonner ce qui vous reste.
Les commerçants ne font nulle difficulté de donner leurs effets pour en avoir d’autres ; et moins ils donnent pour recevoir en échange des choses d’un grand prix, plus ils se réjouissent comme ayant fait une bonne affaire : et vous, vous vous affligez lorsque vous donnez de l’or, de l’argent, des possessions terrestres, c’est-à-dire, des pierres et de la boue, pour acheter un bonheur éternel.

À quoi vous serviront vos richesses ? vous en porterez des vêtements plus magnifiques ? Mais une robe de deux coudées peut suffire et vous servir autant que les habits les plus somptueux. Vous chargerez votre table de mets plus succulents ? mais du pain suffit pour vous rassasier. De quoi donc vous affligez-vous ? qu’est-ce qu’on vous enlève ? la gloire que procurent les richesses ? mais si vous méprisez la gloire d’ici-bas, vous en trouverez une véritable et éclatante qui vous accompagnera dans le Soleil.

Mais, dira-t-on, il est agréable de posséder des richesses, quand même on n’en tirerait aucun avantage. Outre que tout le monde conviendra qu’il y a de la folie à aimer un argent inutile, ce que je vais dire surprendra peut-être, mais on conserve réellement ses richesses en les répandant, on les perd en les retenant. Si vous les gardez, elles vous échapperont ; si vous les répandez, elles vous resteront.
Ce n’est, dit-on, ni pour se nourrir plus délicatement, ni pour se vêtir plus superbement, que la plupart souhaitent d’être riches ; et cependant la créature sans nom leur suggère mille moyens de faire des dépenses : il emploie mille artifices pour leur persuader que les choses inutiles et superflues sont absolument nécessaires, et que leur fortune n’est jamais suffisante. Ils destinent leurs biens aux besoins présents et à venir : ils en réservent une partie pour eux et une partie pour leurs enfants. Ensuite ils les partagent en mille dépenses diverses. Écoutez quelles sont leurs destinations différentes. « Il faut, disent-ils, qu’une partie de nos richesses soit pour notre usage, et que l’autre soit mise en réserve. On ne se tient point dans les bornes de la pure nécessité. Cette partie est pour la magnificence du dedans, cette autre est pour le faste du dehors. L’une est pour l’appareil des voyages, l’autre pour l’éclat et la splendeur de la maison ». Rien de plus surprenant que de voir toutes les inventions du luxe. C’est une multitude de chars enrichis d’argent et d’airain pour traîner les hommes ou les bagages. C’est un nombre infini de chevaux, dont on apprécie les races comme celles des hommes. Les uns sont destinés à traîner pompeusement par la ville les personnes délicates, les autres sont gardés pour la chasse, les autres pour les voyages : leurs mors et leurs brides sont d’or et d’argent, leurs housses sont de la plus belle pourpre ; on les pare plus magnifiquement que de jeunes époux. C’est une foule de mulets distingués par la couleur, qui ont devant et derrière eux des hommes pour les conduire. Quels essaims de valets de toutes les espèces étalent partout la grandeur du maître, servent à ses besoins ou à ses plaisirs ! intendants, officiers de bouche, échansons, chasseurs, peintres, et mille autres.
Les terres sont suffisantes pour les nourrir et pour augmenter les revenus. Nos riches fastueux ont des bains à la ville, des bains à la campagne. Le marbre brille dans toutes leurs maisons : on l’apporte de Phrygie, de Lacédémone, de Thessalie. Telle est l’exposition de leurs divers domiciles, que les uns sont chauds en hiver, les autres frais en été. Les planchers inférieurs sont parquetés diversement : des lambris dorés décorent les planchers supérieurs. Toutes les surfaces qui ne sont pas ornées de reliefs offrent les plus belles peintures.
Lorsqu’ils ont consumé leurs revenus par tant de dépenses inutiles, ils enfouissent le reste et le mettent en lieu sûr. « L’avenir est incertain, disent-ils, il faut se précautionner contre les nécessités imprévues. » Il est incertain si vous aurez besoin de l’argent que vous enfouissez, mais il est certain que vous serez puni de votre cruauté envers les pauvres. Quoi ! parce que vous n’avez pu, malgré tant de moyens, épuiser votre or, vous allez cacher ce qui vous reste dans la terre ? Quelle folie ! vous creusez ses entrailles pour en tirer l’or ; et vous allez l’y remettre après l’en avoir arraché.
La vie leur semblerait odieuse s’ils n’étaient pas occupés de dépenses superflues.
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